Safran

extension de memoire

Derrière les lettres. Derrière les mots. Derrière les pages. Derrière les couvertures. Il y a des artisans. Des passionnés. Un rapport au papier se crée, pour certains, en osmose avec un sentiment d’amour envers ce matériau noble.

Francis fait partie de ceux-là. Dissimulé dans sa barbe grisonnante lui conférant une bonhommie avenante, le personnage voit ses yeux scintiller dès lors qu’il s’agit de le faire parler sur son activité de retraité : « SAFRAN – Producteur d’Extension de Mémoire ».

Derrière ces termes induisant le besoin de mémoire, de se rappeler de choses et d’autres, on devine un « amuseur des mots ». Jouant avec l’éléphant (symbole de la mémoire par excellence) afin de représenter son activité, Francis nous explique qu’il était imprimeur et metteur en page, lors de son activité salariale.

Lorsque l’heure de la retraite a sonné, pas question de rester à se morfondre.

L’homme se met à récupérer toutes formes de papiers destinés à la poubelle : bandes de papiers, magasines, cartes de vœux, brouillons, afin de les recombiner, les assembler en blocs-notes, cahiers, « outils de mémoire« .

Francis ne cherche pas à vendre ses créations, ou à répondre aux commandes de « 50 carnets constitués de caissettes de bois recyclées ». « Ce qui m’intéresse, c’est de transmettre, d’échanger. Si quelqu’un veut 10 carnets, je ne lui ferai pas. Je lui apprendrai à les faire. Je veux montrer aux gens que derrière les livres qu’ils tiennent entre les mains, il y a un véritable travail de minutie menant à la reliure, la pagination, etc. Qu’ils redécouvrent le livre en l’éloignant de sa fonction première, en revenant à son support, son format. »

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